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24.04.2008
Raccompagne ça à la frontière, Brice H. !
Cela fait plusieurs semaines, voire même des mois que cela me démange. De longs mois, tous d’hiver, froids et pénibles, exténuants, démoralisants, mais aujourd’hui je craque ! Je n’en peux plus ! Non mais qu’est-ce que c’est que cette histoire ?! La République, la belle France éternelle qui nous lance des œillades dans toutes les mairies, cette douce mère patrie n’expulserait plus les sans-papiers hors de ses frontières ! Non madame ! C’est fini, cela, cette antique barbarie. Place aux flots doucereux de la politique de civilisation, place à la guimauve pour mémère à TF1.
Car grâce au doux Brice Hortefeux et au gentil Nicolas, les importuns sont à présent simplement, gentiment, aimablement « raccompagnés » à la frontière, comme l’on raccompagne ses amis à la porte après un agréable dîner, en riant encore de la dernière plaisanterie, légèrement enivré par l’excellent vin que l’on vient de déguster.
Aaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaah.
C’est tout de suite mieux, non ? Est-ce que - franchement non mais soit dit en passant entre nous cela ne sortira pas d’ici – cela ne mérite pas des Miles pour les gentils pandores qui les ramènent sur le perron, voire sur le parking juste au cas où, vous savez, avec cette insécurité ?
Trêve de rigolade.
Ce qui m’énerve le plus, qui me rend furieux dans cette histoire, ce n’est pas qu’un gouvernement immonde tente de camoufler son hideuse besogne derrière des termes technocratiques. Non, ça, quelque part, aussi tordu que cela puisse paraître, je peux comprendre, c’est de bonne guerre. Car nous sommes en guerre et ils sont nos ennemis, ils tentent de nous duper, de nous prendre à revers. Rien là que de très normal, à nous d’être vigilants et de déceler le mal sous la vaseline médiatique, les copains.

Non, ce qui m’exaspère, ce sont les journalistes qui reprennent ces termes sans le moindre recul : « 150 raccompagnés à la frontière par ci », « 200 par là ». Non mais qu’est-ce qui m’a fichu une bande de perroquets pareils ? Se rendent-ils seulement compte qu’à cause de leur fainéantise intellectuelle qui fait d’eux de simples porte-voix du discours officiel, les livres d’histoire, dans quelques années, quelques dizaines tout au plus, auront enregistré cette falsification de la réalité, que cette machine à expulsion, qui instaure des quotas sur des personnes humaines, apparaîtra comme une simple promenade de santé entre gens de bonne compagnie, si toutefois elle y est même mentionnée. Parce qu’au train où l’on démantèle l’enseignement supérieur et le secondaire aujourd’hui (mais est-ce un hasard ?), il n’y aura plus grand historien plus tard capable de faire le boulot et d’écrire une histoire potable de notre époque de merde.
Voilà, je l’ai dit. Et oui je suis aigri. Non mais.
19:26 Publié dans Novlangue insupportable | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : politique, expulsions, hortefeux, sarkozy






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